Les craintes liées à l'article 74 s'expriment à Paris

Hier, lors du 92e congrès des maires de France qui s'est tenu à Paris, les élus guyanais et martiniquais ont exprimé leurs doutes quant à l'article 74 de la constitution. F-X.G. France-Guyane 17.11.2009





La dépendance des ressources financières des communes de Polynésie

Le président du syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française, Territepaiatua Maihi a tenu d'emblée, à prévenir les élus guyanais et martiniquais présents au 92e congrès des maires de France, qui s'est tenu hier à la mairie de Paris. L'objet de sa mise en garde : un dispositif de financement liant les communes à une collectivité appelée Pays. « J'aimerai attirer votre attention sur la dépendance des ressources financières des communes de Polynésie vis-à-vis de la collectivité que nous appelons « Pays » .

En effet, en moyenne, 40% des ressources financières de nos communes proviennent d'un dispositif intitulé fonds intercommunal de péréquation (Fip), explique-t-il. Plus de 90% des ressources de ce fonds sont issues d'un prélèvement effectué sur les recettes fiscales du Pays. Il suffit que celles-ci baissent en situation de crise comme nous l'observons actuellement pour que tout l'édifice communal soit mis en péril. En effet, les calculs les plus récents laissent à penser que les communes polynésiennes devront faire face l'an prochain à une baisse de 10% de leurs recettes. Cette année, pour tenir compte de ces engagements financiers, le gouvernement polynésien a dû souscrire un emprunt pour assumer sa participation au Fip... »

Une question essentielle alors que l'évolution institutionnelle de la Guyane et de la Martinique était au menu de ce congrès. Et dans la salle, beaucoup d'élus montraient leur scepticisme quant à l'adoption de l'article 74, sans vouloir vraiment le dire. Ainsi, un élu d'Apatou, soucieux de son anonymat, expliquait : « Sur le Maroni, les gens sont frileux sur le 74. Ils ont peur et ils n'ont pas compris la démarche. Jean-Pierre Théodore Roumillac, président de l'association des maires de Guyane était plus ferme dans ses choix : « C'est non au 74! Les gens ne comprennent pas pourquoi on va changer de cadre alors qu'il n'y a aucun projet... » Du côté de l'Oyapock, le maire de Saint-Georges, Fabienne Mathurin restait plus énigmatique : « 73 ou 74 ? Mais avec quel leader ? » Elle a son avis mais se réserve encore pour l'exprimer publiquement. À côté de ça, les sujets des ateliers du congrès, quels outils pour la maîtrise du foncier ou le développement endogène passionnaient nettement moins les élus...

Mardi 17 Novembre 2009
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