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Non le 24 : Pourquoi ?Je suis personnellement favorable à une assemblée unique qui regrouperait les élus du conseil général et du conseil régional en une assemblée unique. Cependant, ce n'est pas la question qui sera posée le 24 Janvier 2010 à la population martiniquaise et à la population guyanaise. Pour rappel, cette question n'a été demandée ni par le peuple, ni par les élus, mais imposée par le Président de la République. Par Alain PAYRAUDEAU.
On vous demande de voter oui pour une collectivité unique. Peut-être comme beaucoup ne faites vous pas la différence entre assemblée unique et collectivité unique. Or pour prendre une décision de cette importance, mieux vaux être informé.
Une assemblée unique, c'est la rassemblement en un même lieu de deux centres de décision des affaires politiques et économiques, à savoir le département et la région. Ce système a été mis en place (avec succés) en Corse. La collectivité unique, c'est .......On ne se sait pas. Cette structure n'existe nulle part ailleurs (sauf à Mayotte temporairement pour assurer la transition Art 74 - Art 73 avec des mesures spécifiques) On nous dit que cette assemblée unique aura les pouvoirs du département et de la région. Mais il n'y a pas de texte concret sur ces pouvoirs. Le contenu de cette assemblée unique sera défini par une loi ordinaire votée à l'assemblée nationale (à majorité UMP comme vous le savez) Connait-on le nombre d'élus : Non Connait-on le mode d'élection : Non Connait -on le budget : Non Bref, beaucoup d'inconnu. Si c'était la même chose que le département et la région comme nous le disent certains, pourquoi faire un référendum là dessus alors? Votez d'abord, on définira ensuite le contenu : autrement dit, signez un chèque en blanc, on y mettra l'ordre et le montant plus tard. L'assemblée unique nous fait sortir de facto du régime de droit commun : ni département, ni région, mais régime à part -inconnu pour l'instant. On veut faire de vous des citoyens à part de seconde zone. Ne croyez pas que vos droits sont liés à votre nationalité française. Les droits de chaque citoyen français sont définis par les règles applicables au territoire où il vit. Ils ne sont pas les mêmes selon qu'on vive en Ardèche, en Nouvelle Calédonie ou à Saint Martin. Les droits du citoyen sont liés au territoire où il vit. Posez vous la question du pourquoi de cette question alors que les deux département ont voté massivement le 10 Janvier pour rester dans l'article 73. C'est la question de rattrapage de Nicolas Sarkosy qui souhaite faire des départements d'outre mer des zones à part. La collectivité unique dans l'article 73 = L'article 74 Pourquoi le président de la République a-t-il fait signer un décret spécialement pour cette consultation éliminant tous les opposants ? Non au hold-up démocratique En effet, en Martinique, les seuls à pouvoir participer à la campagne sont les partisans du Oui. Dix partis homologués pour parler à la télévision et à la radio, tous partisans du Oui. As-t-on déjà vu dans une démocratie une campagne référendaire où seuls les partisans d'une option peuvent s'exprimer et pas les autres ? C'est le cas en Martinique où le pouvoir en place à choisi uniquement des élus ayant porté le Oui à l'article 74 pour débattre de l'option Collectivité unique. Quel débat peut-il y avoir ??? Ne vous laissez pas berner par un pouvoir en place qui souhaite sortir l'outre-mer du régime de droit commun. Pourquoi ne pas attendre la réforme des collectivités prévue dans le rapport Balladur? Pour faire l'expérimentation du système ? As-t-on les moyens aujourd'hui de faire des expériences en Martinique? Les problèmes ne sont-ils pas ailleurs ? Pourquoi cette urgence, avant d'avoir expliqué au peuple le changement envisagé, avant d'avoir préparé le texte de base de cette nouvelle structure? Ma conclusion, que je vous livre en toute amitié, est qu'il ne faut pas signer ce chèque en blanc. Il faut voter Non le 24 après avoir voté non à la même chose en 2003, puis le 10 Janvier 2010. Votez non pour mettre fin une fois pour toutes aux demandes de changement statutaire qui maintiennent la Martinique et la Guyane dans une incertitude peu propice aux projets d'avenir. Oui au droit à la différence mais non à la différence des droits. Alain PAYRAUDEAU Mercredi 20 Janvier 2010
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